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Saint Vitus Records est un label de musique électronique établi a Genève, fondé par Marc Meylan (DJ Muck). Formé à l'école des Beaux-Arts de Genève, la pratique de Marc Meylan a toujours eu un lien étroit avec la musique. La particularité du label Saint Vitus Records est d?être né d'une longue série de dessins «d'illustration musicale», l'image ayant appellé la musique. A l'inverse de nombreux labels pour lesquels le travail d'illustration tient une place quasi décorative par rapport à la musique, Saint Vitus Records trouve ses racines dans une imagerie riche et aboutie, c'est la continuation d'un travail visuel. La musique de Saint Vitus Records est bien sur essentielle à la vie du label, mais elle épaule l'image pour faire naître «l'esprit de Saint Vitus».
Le point de départ de l'imagerie et des productions musicales de Saint Vitus est une atmosphère très particulière et un lien conceptuel fort avec le Moyen-Âge. Saint Vitus est un personnage historique ayant vraiment existé et dont il reste de nombreuses traces écrites faisant référence à des réunions ou des groupes de gens qui s'adonaient à des danses libres de toutes conventions sociales, à la limite de la transe chamanique. Terrifiés par ces danseurs fous dont on sait que certains ont dansé juqu'à la mort, les chrétiens d'alors ont invoqué Saint Guy (Saint Vitus en latin), pour protéger ces danseurs de la «danse de Saint Guy». Avec l'avancée des sciences, on peut aujourd'hui affirmer que ces danseurs aux gestes incontrôlés devaient avoir absorbé malgré eux de l'ergot de seigle (un champignon se développant sur l'enveloppe naturelle des céréales qui est aussi le principe actif du LSD). Saint Vitus Records tisse un lien à travers les âges et rappelle que la transe et la danse, au centre du phénomène techno depuis 20 ans, ont existé de tout temps, que la recherche de l'extériorisation par la danse, du plaisir du corps dans la musique et l'accès à la consciense extraordinaire n'ont pas d'époque.
Les liens dans le temps naissent à travers des achronymes comme le frappage d'un disque sur une forge. Saint Vitus syncrétise le pouvoir populaire de la culture de la danse aujourd'hui, de la rave au club: le culte collectif du plaisir et de la danse, sa fragilité, ses dangers.
Les dessins de Saint Vitus Records sont «déguisés» en gravures. Il s'agit en réalité de dessins à l'encre sur du calque de sérigraphie. Ils se construisent sur des rapports de force simples: les symboles, la théatralité, le noir et le blanc, comme dans une sorte d'imagerie populaire.
Ces tours de passe-passe visuels sont bien sur un clin d'oeil aux techniques de production contemporaine de la musique (le sampling, la production assistée par ordinateur) car seuls les médiums ont changé. Ainsi, tout en respectant la griffe de chacun des producteurs représentés sur Saint Vitus Records, la musique produite rappelle toujours des sonorités de l'époque de Saint Vitus: les flûtes, les grelots, les percussions en peau ou les sonorités des instruments en bois et en os.
Saint Vitus is a label of electronic music established in Geneva and founded by Marc Meylan (Dj Muck).
Graduated from the School of Fine Arts in Geneva, Marc Meylan's practice was always linked to music. The particularity of Saint Vitus Records is based on the fact that it was born from a serial of drawings of “musical illustrations”. A kind of music called from image.
Unlike many labels of which illustration founds an almost decorative function, Saint Vitus Records was born from a rich imagery, becoming the result of a visual work.
SVR’s music keeps essential to the existence of the label giving a fundamental background to the image giving as result the birth of a “Saint Vitus Spirit”.
This imagery combined with the SV musical productions results in a special atmosphere highly conceptually linked with the middle Ages.
In fact, Saint Vitus is a historical figure that actually existed. We can find historical traces referring to meetings or groups of people that used to give themselves to dances free of any social convention, in the limits of the shamanistic trance. Terrified by those crazy dancers (some of them would pass away from dancing), the Christians invoked Saint Guy (Saint Vitus in Latin) to protect the dancers. With the improvement of science, we can affirm today that these dancers with uncontrollable movements had to absorb – involuntarily – “l’ergot de seigle” (a kind of mushroom naturally developed from cereals, as well as the active principle of LSD).
SVR weaves a link throughout the ages and reminds that trance and dancing – in the middle of the techno phenomenon for the past 20 years – have always existed, and that the search for exteriorization through dancing, the body pleasure in the music, and the access to the extraordinary conscience, has no time.
The drawings of Saint Vitus Records are masked in engravings. They are actually ink drawings on silkscreen layers. They are constructed with simple power relationships like symbols, theatricality and black and white, just like a kind of popular imagery.
All of this represents a blink to all contemporary techniques of music production (sampling, assisted computer production) because only the mediums have changed. Therefore, while respecting the personality of each one of the musicians represented by SVR, the music produced always reminds us of the typical sonorities of Saint Vitus’ era: flutes, bells, skin percussions, and all sonorities made out of instruments of wood and bones.
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